Quand la classe devient scène

Pousser les bancs sur les côtés. Les empiler. Entasser les chaises dans un coin. En garder quelques-unes et les disposer en lignes, pour le public. Créer une scène avec du scotch de peintre appliqué sur le sol. J’ai l’impression que jamais je ne me lasserai de transformer une salle de classe en scène de théâtre.

C’est un détournement. C’est comme prendre les commandes d’un avion pour le dévier de son itinéraire. Du terrorisme poétique. Ici on se détourne, un temps, de l’usage officiel de la salle de classe. Soudain un espace s’ouvre. Une déchirure dans les nuages dévoile un morceau de ciel bleu: la scène.

On sait bien qu’après, tout redeviendra normal. Qu’après tout, il faudra ranger. Aligner à nouveau les bancs. C’est un détournement éphémère. Il a le goût des temps morts et la saveur des récréations.


Pour aller plus loin:

Jeu et handicap

Dimanche ensoleillé à Neuchâtel. Il y a des gaufres, des ballons, une marchande de pierres « semi-précieuses ». Le Jardin anglais est animé aujourd’hui par un marché. À la place de jeux, un groupe d’enfants part joyeusement à l’assaut d’une balançoire. Mais leurs parents les rappellent avec douceur: l’accès à cette imposante structure leur est interdit, ainsi que l’indique un écriteau. On imagine la déception. La débâcle. L’angoisse.

Soutenue par la ville de Neuchâtel, l’association Cerebral a initié ce projet de nacelle-balançoire pour les enfants en situation de handicap. L’objectif? « Intégrer les personnes en chaise roulante, en particulier les enfants, dans les espaces de détente publics » (Journal Vivre la ville). Paradoxalement, j’ai été à la fois réjoui et dérangé par la découverte de ce projet.

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Aujourd’hui le trac

Une rentrée scolaire est une entrée en scène. D’où cette sensation qui vient nouer légèrement le ventre à la fin des vacances d’été. On sait bien que tout se passera bien. Et pourtant. Il y aura quand même plus de vingt regards braqués sur soi!

Adulte, je n’ai jamais été très doué pour gérer le stress des coulisses avant les entrées en scène. Les muscles se tendent, la respiration s’accélère. Il y a bien quelques rituels pour tenter de calmer le tout: étirements, échauffements, expirations profondes. Ça ne marche jamais tout à fait. Et ce n’est certainement pas tout à fait grave non plus.

La légèreté

Enfant, à l’école de cirque, les choses semblaient différentes. Nous étions entassés dans une halle de gymnastique où nous jouions bruyamment. Quand approchait l’heure de notre numéro, des adultes vêtus de noir venaient nous chercher, nous escortaient sous le chapiteau et nous projetaient directement sur la piste. Où nous jouions joyeusement. Franchir le rideau était simple. Quelle distinction entre les jeux quotidiens et ceux de la scène?

Je me souviens d’une représentation durant laquelle nous nous étions glissés dans les coulisses et tentions de faire rire en l’assaillant de chuchotements un camarade clown en train de faire son numéro.

Un jour pourtant, quelqu’un a dû tendre un rideau pesant entre les coulisses et la scène.

Les 6 avantages du tirage au sort

Ma vie a changé depuis qu’on m’a initié au tirage au sort.

J’exagère à peine.

Grâce au tirage au sort, je forme les équipes et définis l’ordre des passages sur scène.

Alors oui, au début les enfants râlent un peu. Mais quelques semaines plus tard, ils oublient.

Vous non plus, vous n’êtes pas tout à fait à l’aise avec l’idée que ce soit toujours les mêmes personnes qui se retrouvent seules lorsque vous demandez aux participant·e·s de former les groupes ?

Adoptez le tirage au sort!

Vous aussi, vous vous épuisez dans les « Bon. Qui est-ce qui passe en premier ? Hein ? Si personne ne se lance, je désigne. Personne ? Ah… Marie-Antoinette. Comme d’habitude. Merci ! Enfin quelqu’un qui a du courage et qui va réussir dans la vie. »?

Adoptez le tirage au sort! (Pitié.)

OUI, le tirage au sort est la solution à vos angoisses existentielles.

 Voici 6 raisons de se lancer dans cette noble entreprise.

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