La fatigue de l’animateur

Mes parents ont chacun un seul employeur et terminent généralement le boulot à une heure fixe. Moi, je travaille de façon régulière pour au moins 5 structures et j’ai plusieurs boites emails: 3 professionnelles, 1 d’étudiant et 1 personnelle… que j’utilise aussi ponctuellement pour des projets pro (je sais, c’est mal). Certaines boites emails, je les consulte parfois durant mes soirées et mes week-end. Oui je sais, c’est mal.

Bref, j’ai dû merder quelque part. Non?

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« C’est quoi? »

Les enfants sont des drogué·e·s du réel. D’abord ils·elles braquent leur tout petit index sur le monde. Et cette baguette magique transforme n’importe quoi en or: une fenêtre, un passant ou une grue. « Ça! Ça! Ça! » Leur interdire de montrer du doigt devrait d’ailleurs être prohibé.

Lorsqu’on assiste à un spectacle avec des petit·e·s, cette soif du monde prend la forme d’un concerto de « C’est quoi? ». Jolie interrogation!

Les vivant·e·s, même adultes, n’arrêtent pas de poser cette question. Les autres y ont – pour un temps au moins – renoncé.

3 raisons de baser vos cours de théâtre sur des histoires

Vous allez mettre sur pied un cours de théâtre pour enfants.

C’est la veille de la rentrée. Et vous réfléchissez à un programme qui va faire des vos apprenti·e·s comédien·ne·s des acteur·trice·s-hyyyypeeeer-stylé-e-s-comme-on-voit-à-la-télé-ou-encore-mieux-au-cinéma.

Vous réfléchissez aux aspects techniques que vous allez leur faire travailler: les déplacements, la construction de personnages, puis la voix, ensuite le travail de mémorisation d’un texte et peut-être qu’à la fin de l’année il restera 12 minutes pour leur faire imaginer une scène.

Et là vous vous dites que 12 minutes sur toute une année, c’est quand même pas beaucoup.

STOP!

Posez votre stylo. Respirez un coup. Et partez d’une histoire que vous avez envie de raconter: un conte, un mythe, une série télé. Ce récit servira de base à l’apprentissage de techniques et sera le moteur de votre atelier.

L’hypothèse: vos élèves s’amuseront en même temps qu’ils apprendront des trucs.

Vous hésitez? Voici 3 raisons d’adopter cette démarche.

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Monde du spectacle et spectacle du monde

Assister à un spectacle, c’est tenter de déchiffrer ce qui nous est donné à voir et à entendre. On est plongé dans le noir. On se tait. Mais cette passivité n’est qu’apparente. Car en silence on interprète. L’air de rien.

Aller au théâtre, c’est apprendre à lire. Une lecture telle que la conçoit le poète Christian Bobin: « Ce qui manque, me semble-t-il, pour que la hache de la vie fende notre cœur, et pour qu’en sortent les larmes, mais aussi la joie qu’il contient, qui y sont captifs, c’est d’apprendre à lire ce qui nous est présenté chaque jour. Non seulement bien sûr des livres, des journaux ou des lettres. Mais les visages, les gestes, la lumière qui traverse la vitre sans la briser. » Une lecture large donc, faite de mots, de corps, de sons.

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Apprivoiser les codes du théâtre, tout doucement

Discussion avec la metteure en scène Claire Latarget à la sortie d’Entrelacs. Présenté dans le cadre du Festival mondial des théâtres de marionnettes à Charleville-Mézières, ce spectacle (dès 18 mois) comporte peu de paroles. Il y a des gestes, des objets, de la matière.

Nous nous découvrons une fréquentation commune du Vélo Théâtre à Apt. Une résidence artistique pour elle, un travail de mémoire de fin d’études pour moi. Elle dit avoir travaillé avec eux la question suivante: comment instaurer des conventions pour le public (écouter, suivre tel mouvement, s’assoir à tel endroit) sans les expliciter verbalement? Un enjeu de taille – notamment pour un spectacle à destination des petit·e·s.

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