Quel théâtre après la fin du monde?

Et si tout s’effondre, qui se souciera encore de traverser un plateau de théâtre?

Vous l’avez entendu. Les nouvelles de la terre ne sont pas bonnes. Il parait que nous vivons désormais une époque particulière: bouleversements climatiques et destruction massive du vivant augurent des jours sombres. Selon les collapsologues, notre société va s’écrouler. Et la perspective de cette chute génère de l’angoisse.

De quoi demain sera-t-il donc fait?

Dans le brouhaha ambiant, on a parfois l’impression que l’être humain ne connait que deux modes de vie. D’un côté le nôtre. Que l’on nomme industriel, capitaliste, moderne ou occidental. Et de l’autre un mode de vie barbare. Si notre monde s’effondre, on basculera forcément de la civilisation à la sauvagerie, irrévocablement du ragoût de tofu au steak de rat (saignant), définitivement de la culture à la nature. Les meutes de banquiers en costard déserteront les centres financiers pour rejoindre les forêts où ils deviendront des loups. Sanguinaires et solitaires.

Mais c’est un peu réducteur.

Un coup d’oeil sur l’histoire de l’être humain permet de prendre de la distance. En tout cas c’est mon anxiolytique. Notre espèce existe depuis 300’000 ans environ. L’homme industriel, disons 200 ans. Ça calme. En plus, de multiples formes de société se sont développées ailleurs qu’en Europe. Oui oui, j’vous assure! Dans le désert, dans la forêt tropicale, sur la banquise. Et il serait injuste de ne les regarder qu’à travers le prisme de la sauvagerie. Car toutes ont fabriqué des savoirs et des savoir-faire complexes. Il suffit d’aller se promener dans un musée d’ethnographie pour s’en rendre compte. Et toutes ont également fabriqué des formes poétiques: rituels dansés, masques taillés ou mythes à raconter.

Bref, il est probable que ce qui nous attend ne sera effectivement pas toujours drôle. Mais ce ne sera probablement pas (uniquement) sauvage.

Si l’être humain survit à ses bêtises, le théâtre a peut-être encore de beaux jours devant lui dans les sociétés post-chute. Malgré tout.

Mais il faudra sans doute réapprendre la sobriété.

Est-ce qu’au cas où, on s’y mettrait déjà?

L’effet papillon

Dans les conservatoires, la présence sur scène.

À la cérémonie des Molières, la présence sur scène.

Et dans l’œil des critiques, la présence sur scène.

Un·e comédien·ne qui fait ses premiers pas – et certain·e·s les font toute leur vie -, c’est toujours un papillon épinglé un peu violemment par la lumière des projecteurs. Ou le regard du public. Il y a dans ces balbutiements une fragilité qui balaie d’un mouvement d’aile toutes les convictions officielles.

J’aime cette présence fissurée.

Les regards hésitants.

Et les mots porcelaine.

Les 7 gadgets de l’animatrice ou l’animateur de théâtre

Hermione Granger a son sablier retourneur de temps. James Bond a sa montre explosive. Frodon Sacquet a son anneau méga puissant. Et vous?

Ce n’est pas parce que vous n’êtes qu’un·e modeste animateur·trice de théâtre que votre mission n’est pas dangereuse. Relevez la tête, diantre! Face aux hordes d’individus sanguinaires que vous avez devant vous, il vaut mieux avoir plus d’un objet dans votre sac. Leurs dents sont aiguisées, leurs regards fourbes et leurs intentions obscures.

Alors comment sortirez-vous vivant·e du cours d’expression théâtrale?

Soyez armé·e!

Et vos armes, ce sont les 7 gadgets de l’animation de théâtre que vous découvrirez dans cet article.

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Animation théâtrale: la leçon de Gandalf

Le prochain spectacle, on le rêve grandiose. Avec de luxueux alexandrins et des effets pyrotechniques somptueux. On espère estomaquer les parents des comédien·ne·s grâce à la beauté du show. Un feu d’artifice artistique de deux heures et demi. Certaines nuits, on imagine même secrètement le public scander notre nom à la fin du spectacle!

Mais au fil de l’année, les choses se gâtent. Les improvisations ne débouchent que sur des banalités. Quelle absence de créativité!  Les élèves ne parviennent pas à digérer ce texte en vers. Quel manque de sensibilité! Diantre, on est en r’tard sur le programme.

À côté du spectacle fantasmé, la présentation finale a triste allure. Le texte n’est pas su, le rythme est lent, les transitions approximatives. Timides applaudissements et constat amer: le public ne scandera pas notre nom cette fois.

Tout·e animateur·trice de théâtre a sans doute vécu une expérience de ce type. Fût-elle moins caricaturale.

Un des plus grands conseils que j’ai reçus au sujet de la conduite de projets théâtraux me vient d’un magicien. Histoire vraie.

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