Dire adieu à la culpabilité du public

Vous êtes-vous déjà fait·e coincer par un metteur en scène hirsute à la sortie de son spectacle vous suppliant, la lèvre tremblante, d’avouer ô combien son oeuvre allait transformer radicalement votre vie?

Avez-vous déjà subi les assauts d’une technicienne lumière qui vous envoie via de courts flashs l’équivalent de la puissance lumineuse de trois astres solaires réunis? Et pendant 2 minutes?! Assise à sa régie, elle hurle intérieurement: « Faut qui s’réveille, ç’public! »

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Un art écologique? L’animation théâtrale!

  • Parce qu’on a le goût des petites formes, et souvent la contrainte des petits sous.
  • Parce qu’on recycle les mêmes histoires. Vous vous rappelez aussi avoir joué l’arrivée des rois mages à l’école enfantine? Ou le petit chaperon rouge?
  • Parce qu’il suffit parfois de quelques costumes récupérés dans une friperie, deux ou trois éléments de décor glanés dans un débarras.
  • Parce que les amateur·trice·s, les enfants, les écolier·ère·s font ça avant tout pour le plaisir. Leur salaire, c’est la joie.
  • Parce que les budgets ne sont d’ailleurs pas les mêmes que ceux de l’opéra. Promis, le salaire des interprètes ne dormira pas sur des comptes suisses qui financent l’industrie pétrolière, l’expansion du bâti et l’effondrement de notre monde.
  • Parce qu’il n’y a pas de tournée asiatique prévue au programme. Non vraiment, malgré la qualité artistique et votre talent certain (indiscutable, vous dites), la directrice de l’école ne peut pas se le permettre.
  • Parce que les projets sont très imbriqués dans le tissu social. Ici, pas de culture hors-sol! Au spectacle de fin d’année, les parents ouvrier·ère·s côtoient les avocat·e·s.
  • Parce qu’on bricole davantage qu’on ne fabrique du neuf.
  • Parce qu’on rejoue souvent les mêmes histoires. Les rois mages ou le petit chaperon rouge, ça vous parle? Vous voyez, je me répète?!
  • Parce qu’on connait le nom d’auteur·trice·s, la renommée de metteur·e·s en scène et le talent d’acteur·trice·s. Mais sincèrement, qui se soucie des animateur·trice·s? Une vie tout en légèreté. Zéro impact, zéro déchet.
  • Parce qu’on a l’habitude et/ou l’intention de faire beaucoup avec peu. Small is beautiful!

Pour aller plus loin:

6 manières de former des groupes

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« L’apprentissage coopératif: théories, méthodes, activités »

16 individus participent à votre atelier théâtre. Par chance, il y a une scène à 5 personnages, deux scènes à 4 personnages, une scène à 3 personnages.

Jusqu’ici tout va bien – sauf pour celles et ceux qui fuient les maths comme la peste et qui sont retourné·e·s sur facebook.

(Pour eux et pour elles: 5+4+4+3=16)

Les choses se corsent néanmoins au moment où il faut répartir ces individus dans des groupes. C’est-à-dire quand on passe du problème de mathématiques à l’équation sociale.

Fichtre, il n’y a pas que le tirage au sort dans la vie, contrairement à ce que je voudrais vous faire croire.

Cet article aurait d’ailleurs dû s’intituler « De la difficulté à dépasser une forme de rigidité psychologique que l’on peine toutefois à distinguer d’un attachement à un idéal démocratique » . Malheureusement, nous sommes au vingt-et-unième siècle. Pas au dix-huitième.

Fin de la parenthèse.

Les auteur·e·s de « L’apprentissage coopératif: théories, méthodes, activités » nomment plusieurs façons de procéder pour créer des équipes: « Il faut décider quelle sera la taille des groupes, combien de temps ils vont rester en place, comment on va les composer et comment les élèves seront répartis entre eux. »

Bref panorama inspiré de leurs réflexions.

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Et un nouveau nom pour la nouvelle année

J’ai lu sur internet que ce n’était pas une bonne idée de changer de nom de blog en cours de route.

On lit toutes sortes de choses sur internet.

J’ai lancé ce blog en août dernier. Je me suis promis de publier un article par semaine, chaque mardi, durant au moins une année. Je voulais attendre d’être à mi-parcours pour changer le nom du site et faire un bilan intermédiaire.

Nous ne sommes pas tout à fait à mi-parcours. Et je ne vais pas faire de bilan intermédiaire.

Les choses ne se passent pas toujours comme prévues.

Une clarification

Bref, on passe de « Acte 1 scène 2 » à « Tout le monde sur scène! ». Pour être tout à fait honnête, je n’étais pas totalement convaincu de ce premier nom. Et en faisant chauffer mon cerveau pendant ces vacances froides de Noël, j’ai eu un déclic.

« Acte 1 scène 2″, ça nécessitait tout un appareil théorique de légitimation. Flashback.

Dans « Le songe d’une nuit d’été » de William Shakespeare, l’acte 1 scène 2 est le moment où des artisans décident de monter une pièce de théâtre. C’est aussi l’instant où ces artisans discutent de la question délicate de la distribution des rôles.

De manière générale, cette pièce de Shakespeare est également une exploration des frontières entre le rêve et le réel.

« Tout le monde sur scène! » , c’est simple, clair et direct. Enfin je crois. « Tout le monde sur scène! » , c’est:

  • Le théâtre en partage
  • Un cri, une urgence – « Tout le monde sur le pont! »
  • À la fois une invitation à partager l’expérience d’acteur·trice et une invitation à la contemplation de l’univers qui se déroule devant nos yeux de spectateur·trice
  • Une fête – « Tout le monde s’éclate, à la queuleuleu! »
  • Une croyance: chacun·e possède la faculté de fouler une scène de théâtre, chacun·e a la capacité d’être touché·e par une pièce de théâtre
  • Un clin d’oeil au grand théâtre du monde

Pendant qu’on y est

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Merci pour vos lectures.

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