Pédagogies coopératives: les trucs que j’ai envie de tester en théâtre

Normalement je ne travaille pas le dimanche. Sans doute un reste de mon éducation de servant de messe.

Mais ce week-end j’ai fauté. Je n’arrivais pas à interrompre ma lecture de « Osez les pédagogies coopératives au collège et au lycée » de Guillaume Caron, Laurent Fillion, Céline Scy et Yasmine Vasseur.

Comme son titre l’indique, le bouquin parle de coopération à l’école. L’argument est le suivant: les pédagogies coopératives sont davantage déployées au degré primaire que chez les plus âgé·e·s. Pour diverses raisons. Pourtant, les auteur·trice·s affirment qu’il est tout à fait possible de mobiliser ces pratiques pédagogiques au collège et au lycée.

osez-pedagogies-cooperatives-college-lyceeUne classe coopérative est une structure complexe, systémique, cohérente et évolutive dans laquelle ceux qui la composent (enseignants, éducateurs ET élèves) construisent ensemble les moyens d’apprendre par une coopération instituée et organisée. Elle devient alors un élément central de la vie et du fonctionnement du groupe. » (Osez les pédagogies coopératives au collège et au lycée)

Voici quelques pratiques que ce livre m’a donné envie de tester.


1) Les ceintures de compétences théâtrales

Les auteur·trice·s de cet ouvrage ont laissé tomber l’évaluation par la note.

  • Parce qu’elle favorise la compétition.
  • Parce qu’elle est un constat plutôt qu’un outil.
  • Et parce qu’elle devient vite une finalité.

Elles et ils se sont tourné·e·s notamment vers les ceintures de compétences. Une technique inspirée du judo et mise en place par le pédagogue Fernand Oury. « Les élèves franchissent un à un les différents paliers à leur rythme. […] La réussite devient la norme puisque ne pas avoir une ceinture signifie juste que l’élève n’est pas encore prêt. Aucune trace de ses essais n’est conservée. »

ceinture-competences-oury

Cette technique permet ainsi aux élèves de progresser à leur rythme. D’obtenir une ceinture d’un grade supérieur lorsqu’ils et elles se sent prêt·e·s.

La proposition vise également à ne pas se satisfaire d’une note suffisante. Mais à chercher à tutoyer l’excellence.

Je me suis amusé à créer un exemple de ce que pourrait être une ceinture en écriture de critiques de théâtre. Ce n’est qu’un premier jet!

Je me demande par ailleurs si, pour des tâches coopératives comme l’interprétation d’un dialogue, il serait pertinent d’utiliser des ceintures de compétences par groupes? Pour faire avancer tous les membres d’une équipe en bloc.


2) Le plan de travail pour jouer à son rythme

Généralement tout le monde apprend telle technique d’adresse du texte en même temps. Et toute la classe passe son évaluation sur telle scène au même moment. J’avoue!

Et ce n’est pas trop grave.

Guillaume Caron, Laurent Fillion, Céline Scy et Yasmine Vasseur invitent néanmoins les enseignant·e·s intéressé·e·s par les pédagogies coopératives à personnaliser les apprentissages. C’est-à-dire à permettre aux élèves d’avancer à leur rythme dans les tâches à effectuer. Avec plusieurs options: par exemple en solo ou en binôme.

Et pour mettre en place cela, un outil privilégié: le plan de travail.

plan-travail-pedagogie

Je suis souvent confronté au problème suivant: tous les groupes ont le même temps à disposition pour préparer une scène de théâtre. Mais parfois, un groupe estime avoir déjà terminé la préparation de sa scène alors qu’un autre a encore besoin de trente minutes.

Comment proposer aux membres du premier groupe une autre activité que Candy Crush? Le plan de travail, avec indication d’activités facultatives à réaliser au cas où une étape est terminée, pourrait être une solution.

Découvrir la biographie de l’auteur·trice. Continuer l’écriture collaborative d’une pièce en ligne en lien avec la thématique de la scène. Ou encore imaginer une scénographie minimaliste pour sa scène.


3) Sur le blog de classe: spectacles et cie

Célestin Freinet avait fait de son journal de classe un élément clé de sa pédagogie. Publier permet de valoriser les fabrications des élèves tout en les poussant à fabriquer des productions ayant de la valeur.

Le journal de classe, le blog, les publications sur les réseaux sociaux sont aussi la vitrine de la classe. Ce qui relie l’école à l’extérieur.

Le blog, comme l’usage des réseaux sociaux, sont des outils pour travailler l’éducation aux médias. Les élèves apprennent dans l’action. » (Osez les pédagogies coopératives au collège et au lycée)

En vrac, quelques éléments publiables en lien avec l’art dramatique:

  • Des critiques de spectacles
  • Des interviews d’artistes
  • Des reportages liés à l’actualité théâtrale
  • Des annonces de restitutions publiques, des affiches
  • Des vidéos ou podcasts créés en classe
  • Des condensés d’exposés

À l’université, j’ai eu la chance de participer à L’Atelier critique. Le sentiment d’être en prise avec une réalité théâtrale extérieure au monde académique me semblait très stimulant.

Les réflexions ne sont plus uniquement destinées à un·e seul·e enseignant·e. Puis enterrées sous un tas de copies. Elles sont tout à coup partagées.


Conclusion

Inutile sans doute de préciser que j’ai beaucoup apprécié la lecture de cet ouvrage collectif!

L’article visait à réfléchir à quelques pistes d’application dans le domaine de l’enseignement, l’animation ou la pédagogie du théâtre.

Maintenant « y a plus qu’à » appliquer. Et l’heure fatidique du bilan viendra!

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