Cher Fabrice,

J’aurais voulu avoir huit enfants et les emmener chaque soir au Théâtre Am stram gram que tu diriges. Ce rêve ne se réalisera pas puisque tu pars. Est-ce que tu perçois la tristesse dans ma voix quand je dis ça ? Je me console en me disant que de toute manière l’arc jurassien dans lequel j’évolue est un peu à Genève ce que Vladivostok est à Moscou. Une consolation, c’est un mensonge habillé en robe de soirée rouge.

Le programme de ta dernière saison est sorti hier. J’aurais tellement aimé emmener les gamins au Prince de la terreur, contempler Pinocchio et danser comme des fous sous la boule à facettes de la boom littéraire. Avec la tribu de marmots on aurait ri, pleuré, eu un petit peu peur, on aurait été très en colère et on aurait hurlé de rire. Oui tout ça. On aurait bu un sirop grenadine.

Lire la suite « Cher Fabrice, »

Pourquoi le théâtre à l’école? (II)

PAR JD • Pour le développement individuel, apprendre à s’exprimer devant un auditoire, exprimer ses sentiments, travailler en groupe, partager etc…
Il me plait de résumer le théâtre à l’école en un mot: « LE RESPECT ».
Cela commence par le respect de soi-même, ne pas mettre son intégrité en jeu juste pour faire le buzz, se faire confiance. Ensuite le respect de l’autre à qui l’on donne la réplique, que l’on écoutera. Il y a bien sûr le respect de l’auteur, on ne va pas galvauder, détourner son texte. Il reste aussi le respect du metteur en scène, du matériel, du décor. Et surtout le respect du public à qui l’on se doit de présenter un travail accompli.
Voici une raison, parmi beaucoup d’autres, qui fait que le théâtre a sa place à l’école, apprendre le sens de ce mot qui fait tellement défaut actuellement.


« Enseigner et apprendre le théâtre ». Réflexions personnelles

Cet été j’ai découvert certains écrits du psychologue humaniste Carl Rogers. Notamment un chapitre de « Liberté pour apprendre » intitulé « Enseigner et apprendre. Réflexions personnelles. » Le chercheur y énumère ses convictions sur l’enseignement et l’apprentissage et invite la lectrice ou le lecteur à « consigner par écrit pour lui-même certaines de ses croyances les plus profondes, même si elles manquent de certitude, sur le processus éducatif » . L’invitation m’a semblé trop belle pour être refusée. Le résultat est à découvrir ici.

Quelques précisions avant de démarrer ces variations autour de la pédagogie du théâtre. Qualifier ces réflexions de « personnelles » me semble premièrement un petit peu exagéré. Parce qu’elles ont notamment émergé dans la rencontre et la discussion avec d’autres.

Dire ensuite que je n’ai pas le sentiment que ces pensées sont particulièrement originales. Car sous leurs apparences de grands principes elles se matérialisent certainement dans de très petites choses. Quotidiennes et banales. C’est mises bout à bout que ces propositions me semblent peut-être avoir de l’intérêt.

Par ailleurs je n’aurais certainement pas écrit exactement ceci il y a deux ans et je n’écrirai probablement pas exactement cela dans deux ans. Ce sont donc des conclusions provisoires.

Enfin, heureux hasard de calendrier, l’écriture de cet article correspond à peu près au premier anniversaire de ce blog dédié à la pédagogie et la médiation théâtrales. C’est pourquoi je me permettrai d’indiquer si un article écrit lors de cette année fait écho à telle ou telle proposition. L’occasion pour moi (et pour vous?) de faire le point sur des réflexions récurrentes. Pour ne pas dire des obsessions.

Lire la suite « « Enseigner et apprendre le théâtre ». Réflexions personnelles »

Pourquoi le théâtre à l’école? (I)

PAR JEAN PRÉTÔT (ENSEIGNANT) • Pour tomber les masques, renverser le gel et postillonner, projeter tout ce qu’on a dû taire, sur ceux qu’on n’a pas pu voir, réunir les absents, propager du réel, avec ses frissons et ses larmes, avec ses complexes et ses joies, inonder la salle du vivant, la faire grandir jusqu’à la soulever et voir des mains claquer, ouvrir les fenêtres sur un dehors où les accolades sont devenues parenthèses et les yeux des bouches. Pour retrouver aussi l’humain, reconstruire des scènes sous ses pieds et voir remuer ses lèvres, agiter des corps et pointer l’horizon, bâtir de nouveaux décors, peindre la vie, se rouler dedans puis se jeter, sans crainte, dans la foule. Pour, enfin, entendre à nouveau le cri primal et impertinent de la jeunesse, son besoin de respirer et, après avoir eu si peur, hurler avec elle.


1 an de blog (et toutes mes dents)

J’ai créé ce blog il y a un an. Je commençais une formation pédagogique et m’étais promis de coucher sur le papier une réflexion par semaine en lien avec le théâtre et la pédagogie. Pendant un an.

Une façon de digérer la matière.

Plusieurs fois auparavant, je m’étais essayé au format « blog ». Mais je n’avais jamais tenu sur la durée comme je l’aurais souhaité. Donc la bonne nouvelle, c’est que les gens peuvent changer!

Vous imaginez donc: je rayonne de fierté et de sérénité. Au point que le Dalaï-lama m’a contacté en personne pour me proposer d’être sa prochaine réincarnation. Je vais y réfléchir encore mais je crois que j’ai un peu la flemme.

Lire la suite « 1 an de blog (et toutes mes dents) »