Politique culturelle: « Réro, ne me quitte pas! »

Je vous présente Réro! Réro, c’est le « Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale ».

Quand je vais dans la bibliothèque de ma ville chercher un bouquin spécifique sur le théâtre ou la pédagogie et qu’il n’est pas présent sur l’étagère, je fais appel à mon ami Réro. Comme par magie, Réro me trouve le livre dans une autre bibliothèque publique ou universitaire de Suisse romande et me l’achemine en quelques jours tout près de chez moi. Comme par magie! Réro, il est génial.

J’écris « comme par magie », mais en fait, c’est « juste » un bel exemple de coopération à large échelle. Oui, Réro, c’est 220 bibliothèques, 50’000 étudiant·e·s et 280’000 lecteur·trice·s. Réro, c’est le bonheur de pouvoir emprunter une BD des Schtroumpfs avec une enquête sociologique sur la pédagogie Freinet.

Mais aujourd’hui je suis triste parce que mon ami se porte mal. La semaine passée et pour mon plus grand désespoir, une employée m’a informé que les bibliothèques universitaires de la région seraient retirées du réseau et migreraient vers un nouveau système. Déjà amputé des documents vaudois depuis quelques années, le Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale semble poursuivre son régime. Inéluctablement.


L’entre-soi

J’imagine bien que des gens très instruits ont réfléchi à cette nouvelle formule, qu’elle est sans doute plus rentable, probablement plus rationnelle, et que les universitaires gagneront à être connecté·e·s à un ensemble plus large. Et d’après ce que j’ai compris, il sera possible de m’inscrire dans la nouvelle structure. Ce n’est donc pas (encore) la fin du monde.

Cela n’en reste pas moins un malheureux exemple d’une politique culturelle qui favorise l’entre-soi. Car bien que les ressources des bibliothèques publiques soient riches, les personnes qui les fréquentent n’auront plus aussi facilement accès qu’auparavant au savoir académique. Des connaissances désormais retranchées dans les bâtiments universitaires bien que – faut-il le rappeler? – produites en partie avec de l’argent public!


Sur la « science extensive »: Ola Söderström, « Soutenir la science, oui mais dans sa nécessaire diversité »

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