Incapables

Parler, jouer, écouter, bouger, regarder, rêver. Ce serait tellement plus simple de se dire que certain·es ne sont pas fait·es pour ça.

« Tout échec d’un élève (ou même toute difficulté avec un parent) est vécu comme un échec du milieu pédagogique lui-même ou, au moins, comme un questionnement fort du travail des maîtres », écrit Yves Reuter dans Une école Freinet.

Ce serait tellement plus triste de penser que certain·es ne sont pas fait·es pour exprimer, s’amuser, entendre, se mouvoir, observer, imaginer.


Image: St. Nicholas book of plays & operettas (*)

Quand apprendre dépend des autres

Quelle est la caractéristique majeure de la coopération? L’interdépendance positive, cette façon d’être lié·e aux autres tout en ayant une responsabilité propre. Comment la mettre en oeuvre? À travers diverses habitudes de travail collectif: projets coopératifs (une pièce de théâtre?), instauration d’un esprit de classe (vive la troupe!), évaluation prenant en compte la coopération. Et d’ailleurs, comment former les groupes? Il y a plusieurs manières: l’amitié, les intérêts, la ressemblance, la complémentarité, le hasard. À quoi ça sert, tout ça? À développer des habiletés sociales en mêmes temps que des habiletés cognitives.

L’apprentissage coopératif est un ouvrage collectif qui permet de répondre à de nombreuses questions que l’on peut se poser au sujet des pédagogies coopératives. Structuré en trois sections, l’ouvrage aborde à la fois des éléments conceptuels et donne quelques pistes pratiques. On y découvre les fondements théoriques de ce type de pédagogie, leurs applications possibles et un éventail de méthodes spécifiques.

« Il y a interdépendance positive quand le succès d’une ou d’un élève augmente les chances de succès des autres. » Ce livre est un excellent compagnon pour initier un cheminement sur la voie de cette exigence. Ou se rappeler quelques fondamentaux. Un voyage en tout cas pas solitaire!


Philip C. Abrami, Bette Chambers, Catherine Poulsen, Christina De Simone, Sylvia D’Apollonia et James Howden, L’apprentissage coopératif: théories, méthodes, activités. Chenelière, 1996

Présences

Elle a dit: «Ce cours n’est pas rattrapable!» Pas de power point transmis par email, pas de questionnaire en ligne, pas de vidéoconférence à siroter sous la couette. Si on est absent·e, on est absent·e. Point.

De toute manière, qu’est-ce qui est «rattrapable»? Rattraper les corps en chair et en os? Rattraper les interactions dans toute leur complexité et leur finesse – qu’un écran mutile forcément? Rattraper un espace, une classe? Rattraper le temps? Au fond personne n’y croit vraiment…

Elle a dit « ce cours n’est pas rattrapable » et nos rêveries numériques ont soudain pris peur du monstre tapi sous leur lit.


Image: William Sellers & co., Illustrated catalogue and general description of improved machine tools for working metal (*)