Comment déjouer une scène violente (avec des mots)

Collaborer, c’est un art qui se muscle. Par exemple informellement en multipliant les situations de travail ou de jeu collectif. Depuis l’enfance nous sommes d’ailleurs souvent obligé·e·s de collaborer. Avec notre famille. Puis nos camarades de classe. Enfin nos collègues. Et cela se passe en général plutôt bien. La plupart du temps. Cela dit l’apprentissage peut aussi se faire de façon plus formelle. Par exemple à travers l’appropriation des outils de la communication non violente.

Les mots sont des fenêtres (ou des murs) est un ouvrage de référence dans le champ de ce que les initié·e·s appellent la CNV. Écrit par le psychologue étasunien Marshall Rosenberg, le livre détaille notamment les quatre fameuses composantes de cette approche : les faits observables, les sentiments générés par une situation, les besoins que ces sentiments traduisent et la formulation d’une demande. Lorsque je vois que …, je me sens …, parce que j’ai besoin de …, donc serais-tu d’accord de… ? Une fois la chansonnette entonnée, difficile d’oublier le refrain.

Mais la communication non violente ne se résume pas à cette formule. À une technique. En lisant ce livre, on découvre qu’elle est basée sur une conception complexe et positive de l’être humain chère au courant de la psychologie humaniste : «La CNV nous aide à renouer avec nous-mêmes comme avec les autres en laissant libre cours à notre bienveillance naturelle.» Avec Marshall Rosenberg, les notions de bienveillance ou d’écoute profonde ne sont pas des slogans publicitaires placardés tous les deux mètres mais bien des pratiques qui peuvent s’ancrer dans le quotidien. Alors Imagine all the people / Living life in peace.


Marshall Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou des murs), Editions Jouvence, 2016.

Spectacle, présentation ou restitution?

Spectacle: On imagine tout de suite un éclairage très sérieux, une salle bondée et des applaudissements nourris. Évidemment, le mot fait pro. Avec ce que ça implique en termes de dynamique. Youhou les ami·e·s, on va faire un spectacle! Avec aussi ce que ça implique en terme de pression. Au secours Maman, on va faire un spectacle!

Présentation: On pense quand même un peu à la présentation d’un produit dans une entreprise branchée. Nouveau rasoir à vapeur et power point épuré. Ça a néanmoins l’avantage d’être clair, sobre: une présentation, c’est tout simplement l’aboutissement d’un processus. Quelque chose a été travaillé. Et puis, on le met en lumière.

Restitution: Elle peut être privée, semi-publique ou publique. Restituer, c’est une manière de rendre quelque chose. Une forme de contre-don social. On a hérité d’une histoire? On produira une mise en scène! On est percuté par un thème social? On en fera une courte forme! La restitution supporte l’inachèvement (qui n’est pas synonyme de confusion). Elle peut être courte ou durer plus longtemps, revêtir l’aspect d’un chantier enchanté.

Politique culturelle: « Réro, ne me quitte pas! »

Je vous présente Réro! Réro, c’est le « Réseau des bibliothèques de Suisse occidentale ».

Quand je vais dans la bibliothèque de ma ville chercher un bouquin spécifique sur le théâtre ou la pédagogie et qu’il n’est pas présent sur l’étagère, je fais appel à mon ami Réro. Comme par magie, Réro me trouve le livre dans une autre bibliothèque publique ou universitaire de Suisse romande et me l’achemine en quelques jours tout près de chez moi. Comme par magie! Réro, il est génial.

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L’atelier-théâtre? Une belle histoire!

S’il n’y avait qu’un seul livre à dévorer avant de se lancer dans l’animation théâtrale, ce serait celui-là. Dramaturgies de l’atelier-théâtre de Bernard Grosjean est à la pédagogie des arts de la scène ce que la Bible est au christianisme. Dans un format assez court (150 pages à peine) et un style clair, le théoricien propose un cadre à déployer, une méthode à s’approprier et un calendrier à dérouler.

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