Coulisses

Toutes les semaines, entrouvrir les pendrillons. Côté jardin. Faire un premier pas timide sur scène. D’abord le violent aveuglement. Puis baigner dans la lumière. Aujourd’hui, comme chaque semaine depuis 89 semaines, il y aura quelque chose à dire. Une réplique. Une invention ? Rarement. Souvent un écho à une pratique, à une parole autre. Un dialogue costumé en monologue. Tenter de trouver LA manière et la BONNE intention. Articuler ce qu’on a à articuler. Et puis noir, pendrillons, cour. Regagner les coulisses.

«Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement que vous n’avez fait qu’un mauvais somme.»

Après plus de 100 articles, ce blog arrive à la fin de son cycle de parutions hebdomadaires. D’autres apparitions plus ponctuelles sont probables, mais je regagne un temps le monde des coulisses. Il y a aussi des choses à y jouer.

Merci pour vos lectures, encouragements, discussions !

Apprendre à faire du théâtre: 7 idées

Cela vous trotte dans la tête depuis plusieurs jours, mois ou années: et si vous faisiez enfin ce premier pas sur les planches?

Se lancer, c’est toujours un peu risqué: il y a la croyance qu’on n’en est pas capable, le regard des autres et le souvenir pas très sexy de Molière. Sans parler de l’ancien traumatisme infligé par un·e prof de français alors que vous tentiez de balbutier péniblement un poème en vers. Mais après dix ans passés sur le divan, votre psy pense que vous êtes enfin prêt·e.

Faire du théâtre, c’est à la portée de toutes et tous. Parce qu’il y a de nombreuses façons de se lancer. Tour d’horizon des manières d’apprendre le théâtre.

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Cartable

Le théâtre propose des billets à prix réduits. Et il faudrait naturellement que élèves arrivent avec des sacs lourds de bienséance et de reconnaissance. La semaine prochaine, on étudie Shakespeare. Si vos parents possèdent un exemplaire de Hamlet, glissez-le bien entendu dans votre cartable. L’école est obligatoire. Cela dit on apprécie que les élèves emportent dans leur besace une bonne dose de motivation.

Le service public (théâtre ou école), c’est celui qui ne renvoie pas à la maison l’élève qui a « oublié » ses affaires aujourd’hui.

L’autonomie sans la coopération?

La semaine dernière, le média Heidi.news donnait le coup d’envoi à sa série dédiée à l’école réinventée. Premier épisode? Un sujet enthousiasmant consacré aux établissements scolaires du Val-de-Ruz, dans le canton de Neuchâtel. On y dresse sans idéalisme le portrait de classes flexibles: les élèves gèrent en partie leur temps et leurs espaces. On y évoque avec nuance la pédagogie de maitrise: chacun·e est capable de maitriser un sujet pour autant qu’on (se) laisse le temps d’apprendre. Le tout sous le patronage d’un directeur qui encourage mais n’impose pas.

Des étoiles dans les yeux, je me suis fait un croche-pied sur la remarque d’un enseignant féru de « maitrise inversée » (fusion de pédagogie de maitrise et de classe inversée). Celui-ci met le doigt avec honnêteté sur un obstacle rencontré: « La seule chose qui ne marche pas très bien, c’est la collaboration entre eux [les élèves]. Ils restent malgré tout très individualistes. » Alors peut-on réellement affirmer qu’une pédagogie favorise l’autonomie sans mobiliser la coopération? Tentative d’éclairage à partir de l’angle du théâtre.

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La recette

Durée: 1h-1h30

Niveau: facile à expert

Étapes

  1. Se réunir en cercle. Assis·es. Parler un peu mais pas trop.
  2. Se lever. S’échauffer. Se dérouiller. Bref, décongeler.
  3. Produire quelques essais collectifs et/ou individuels, s’approprier une technique, mixer, expérimenter.
  4. Par groupes, préparer une scène. Servir chaud.
  5. À nouveau se disposer en cercle. Se parler un peu et puis se quitter.
  6. Recommencer.