Quand apprendre dépend des autres

Quelle est la caractéristique majeure de la coopération? L’interdépendance positive, cette façon d’être lié·e aux autres tout en ayant une responsabilité propre. Comment la mettre en oeuvre? À travers diverses habitudes de travail collectif: projets coopératifs (une pièce de théâtre?), instauration d’un esprit de classe (vive la troupe!), évaluation prenant en compte la coopération. Et d’ailleurs, comment former les groupes? Il y a plusieurs manières: l’amitié, les intérêts, la ressemblance, la complémentarité, le hasard. À quoi ça sert, tout ça? À développer des habiletés sociales en mêmes temps que des habiletés cognitives.

L’apprentissage coopératif est un ouvrage collectif qui permet de répondre à de nombreuses questions que l’on peut se poser au sujet des pédagogies coopératives. Structuré en trois sections, l’ouvrage aborde à la fois des éléments conceptuels et donne quelques pistes pratiques. On y découvre les fondements théoriques de ce type de pédagogie, leurs applications possibles et un éventail de méthodes spécifiques.

« Il y a interdépendance positive quand le succès d’une ou d’un élève augmente les chances de succès des autres. » Ce livre est un excellent compagnon pour initier un cheminement sur la voie de cette exigence. Ou se rappeler quelques fondamentaux. Un voyage en tout cas pas solitaire!


Philip C. Abrami, Bette Chambers, Catherine Poulsen, Christina De Simone, Sylvia D’Apollonia et James Howden, L’apprentissage coopératif: théories, méthodes, activités. Chenelière, 1996

Comment déjouer une scène violente (avec des mots)

Collaborer, c’est un art qui se muscle. Par exemple informellement en multipliant les situations de travail ou de jeu collectif. Depuis l’enfance nous sommes d’ailleurs souvent obligé·e·s de collaborer. Avec notre famille. Puis nos camarades de classe. Enfin nos collègues. Et cela se passe en général plutôt bien. La plupart du temps. Cela dit l’apprentissage peut aussi se faire de façon plus formelle. Par exemple à travers l’appropriation des outils de la communication non violente.

Les mots sont des fenêtres (ou des murs) est un ouvrage de référence dans le champ de ce que les initié·e·s appellent la CNV. Écrit par le psychologue étasunien Marshall Rosenberg, le livre détaille notamment les quatre fameuses composantes de cette approche : les faits observables, les sentiments générés par une situation, les besoins que ces sentiments traduisent et la formulation d’une demande. Lorsque je vois que …, je me sens …, parce que j’ai besoin de …, donc serais-tu d’accord de… ? Une fois la chansonnette entonnée, difficile d’oublier le refrain.

Mais la communication non violente ne se résume pas à cette formule. À une technique. En lisant ce livre, on découvre qu’elle est basée sur une conception complexe et positive de l’être humain chère au courant de la psychologie humaniste : «La CNV nous aide à renouer avec nous-mêmes comme avec les autres en laissant libre cours à notre bienveillance naturelle.» Avec Marshall Rosenberg, les notions de bienveillance ou d’écoute profonde ne sont pas des slogans publicitaires placardés tous les deux mètres mais bien des pratiques qui peuvent s’ancrer dans le quotidien. Alors Imagine all the people / Living life in peace.


Marshall Rosenberg, Les mots sont des fenêtres (ou des murs), Editions Jouvence, 2016.

L’atelier-théâtre? Une belle histoire!

S’il n’y avait qu’un seul livre à dévorer avant de se lancer dans l’animation théâtrale, ce serait celui-là. Dramaturgies de l’atelier-théâtre de Bernard Grosjean est à la pédagogie des arts de la scène ce que la Bible est au christianisme. Dans un format assez court (150 pages à peine) et un style clair, le théoricien propose un cadre à déployer, une méthode à s’approprier et un calendrier à dérouler.

Lire la suite « L’atelier-théâtre? Une belle histoire! »

L’art comme coopération

La figure de l’artiste génial·e, souvent original·e et forcément solitaire, a la peau dure comme une orange. Qu’est-ce que ça donne quand un sociologue, spécialiste du collectif, s’intéresse à des pratiques humaines souvent pensées à l’échelle de l’individu?

« Les mondes de l’art » du chercheur Howard Becker a été publié pour la première fois en 1982. Cet ouvrage est une exploration des rouages de la fabrication d’un objet artistique. « Au vrai, on s’aperçoit qu’il n’est pas excessif de dire que c’est le monde de l’art plutôt que l’artiste lui-même qui réalise l’oeuvre. » Tout le livre n’est qu’une déclinaison de cette formule – un peu espiègle, on en conviendra!

Lire la suite « L’art comme coopération »

Vrrrrrrrrrrrrouuuum!

«Mario Kart 64» est un jeu de course sur Nintendo. Je me souviens des «raccourcis», qui pouvaient d’un coup nous faire gagner plusieurs rangs au classement général. Il fallait connaitre les trucs. Sauter au bon moment sur tel tremplin. Emprunter tel tunnel à peine visible.

Bernard Grosjean, c’est un raccourci Mario Kart. Il y a des gens comme ça. Qui passent leur vie à lire et expérimenter, réfléchir et théoriser. Et qui vous pondent un bouquin, sorte de mélange entre la Bible et une recette Betty Bossi. Je vous présente «Dramaturgies de l’atelier-théâtre» de Bernard Grosjean. Il y a des gens comme ça. Qui vous font prendre 40 ans d’expérience en 144 pages. BAM!

Parfois je pense à tous les Bernard Grosjean que je n’ai pas encore rencontrés. Et je me sens heureusement encore ignorant. Et pas si vieux qu’ça!