SÉRIE AUTOUR DE LA CLASSE COOPÉRATIVE
On rêve d’entrer en classe comme l’acteur•rice entre en scène. La classe plongerait dans un silence admiratif. Suspendue à nos mots. Attentive au moindre de nos gestes. Et subjuguée par la présence radieuse de l’artiste.
Spoiler alert: ça ne se passe pas comme ça. Même si des habitudes (regards, silences, économie des paroles et du volume de la voix, communication non violente) contribuent à coup sûr à construite une présence enseignante théâtrale, la classe reste par moments un espace d’inévitables bruits et conflits. Du brouhaha de la vie.
Alors comment y déployer un cadre de travail serein et appliqué sans recourir aux cris, menaces, punitions? Ces tragiques méthodes autoritaristes basées sur la peur.
Pour survivre, le théâtre classique a sa règle des trois unités. La classe coopérative, sa loi (en pédagogie institutionnelle) et/ou ses règles de vie. Ces dernières sont élaborées en fonction du contexte et affichées quelque part.
Comme le détaille Bernard Grosjean dans son ouvrage « Au coeur de l’atelier-théâtre« , « l’instauration d’une bonne relation dépend en effet d’abord de l’instauration d’un cadre qui aura des fonctions de régulation, de garde-fou, et d’organisation de l’activité, sur la base de règles précises et partagées. »
Cette boussole?
- On la présente en amont.
- On en détaille le sens.
- On y revient sans cesse. Notamment lors des temps de parole collective (cercle de crise, conseil coopératif) et d’autres interventions individuelles.
Et quand les règles seront transgressées (elles le seront, promis!), on décrit les conséquences des transgressions (par exemple sur les apprentissages ou sur le climat de classe) et on rappelle… l’importance des règles!
Eh oui, l’autorité coopérative est un art de la répétition. Parfois usant. Souvent payant.
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