Siffler en travaillant

Ce matin, les élèves sont chargé·e·s de confectionner des marionnettes et de les manipuler. Un œil attentif peut aisément constater que leur concentration n’est pas totale. Diantre! Ici, quelqu’un mâche un chewing-gum en scrutant un dialogue. Là, d’autres discutent de leurs amours tout en empoignant un texte de théâtre. Ailleurs, un natel projette de la musique. Celle prévue pour la scène, m’assure-t-on.

L’enseignant·e rêve parfois d’une implication sans concession des élèves. Cette dévotion fantasmée se heurte le plus souvent à un grave constat : rêveries et bavardages, francs ou voilés, manquent rarement à l’appel. C’est grave, docteur?

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Vrrrrrrrrrrrrouuuum!

«Mario Kart 64» est un jeu de course sur Nintendo. Je me souviens des «raccourcis», qui pouvaient d’un coup nous faire gagner plusieurs rangs au classement général. Il fallait connaitre les trucs. Sauter au bon moment sur tel tremplin. Emprunter tel tunnel à peine visible.

Bernard Grosjean, c’est un raccourci Mario Kart. Il y a des gens comme ça. Qui passent leur vie à lire et expérimenter, réfléchir et théoriser. Et qui vous pondent un bouquin, sorte de mélange entre la Bible et une recette Betty Bossi. Je vous présente «Dramaturgies de l’atelier-théâtre» de Bernard Grosjean. Il y a des gens comme ça. Qui vous font prendre 40 ans d’expérience en 144 pages. BAM!

Parfois je pense à tous les Bernard Grosjean que je n’ai pas encore rencontrés. Et je me sens heureusement encore ignorant. Et pas si vieux qu’ça!

Cher Fabrice,

J’aurais voulu avoir huit enfants et les emmener chaque soir au Théâtre Am stram gram que tu diriges. Ce rêve ne se réalisera pas puisque tu pars. Est-ce que tu perçois la tristesse dans ma voix quand je dis ça ? Je me console en me disant que de toute manière l’arc jurassien dans lequel j’évolue est un peu à Genève ce que Vladivostok est à Moscou. Une consolation, c’est un mensonge habillé en robe de soirée rouge.

Le programme de ta dernière saison est sorti hier. J’aurais tellement aimé emmener les gamins au Prince de la terreur, contempler Pinocchio et danser comme des fous sous la boule à facettes de la boom littéraire. Avec la tribu de marmots on aurait ri, pleuré, eu un petit peu peur, on aurait été très en colère et on aurait hurlé de rire. Oui tout ça. On aurait bu un sirop grenadine.

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Pourquoi le théâtre à l’école? (II)

PAR JD • Pour le développement individuel, apprendre à s’exprimer devant un auditoire, exprimer ses sentiments, travailler en groupe, partager etc…
Il me plait de résumer le théâtre à l’école en un mot: « LE RESPECT ».
Cela commence par le respect de soi-même, ne pas mettre son intégrité en jeu juste pour faire le buzz, se faire confiance. Ensuite le respect de l’autre à qui l’on donne la réplique, que l’on écoutera. Il y a bien sûr le respect de l’auteur, on ne va pas galvauder, détourner son texte. Il reste aussi le respect du metteur en scène, du matériel, du décor. Et surtout le respect du public à qui l’on se doit de présenter un travail accompli.
Voici une raison, parmi beaucoup d’autres, qui fait que le théâtre a sa place à l’école, apprendre le sens de ce mot qui fait tellement défaut actuellement.