Présences

Elle a dit: «Ce cours n’est pas rattrapable!» Pas de power point transmis par email, pas de questionnaire en ligne, pas de vidéoconférence à siroter sous la couette. Si on est absent·e, on est absent·e. Point.

De toute manière, qu’est-ce qui est «rattrapable»? Rattraper les corps en chair et en os? Rattraper les interactions dans toute leur complexité et leur finesse – qu’un écran mutile forcément? Rattraper un espace, une classe? Rattraper le temps? Au fond personne n’y croit vraiment…

Elle a dit « ce cours n’est pas rattrapable » et nos rêveries numériques ont soudain pris peur du monstre tapi sous leur lit.


Image: William Sellers & co., Illustrated catalogue and general description of improved machine tools for working metal (*)

Jeux d’échauffement: comment ne pas éliminer?

La semaine dernière, j’avouais une passion retrouvée pour les petits jeux d’échauffement. Mais qu’on se rassure! Cette libération de pulsions refoulées s’inscrit dans un cadre: je suis quasiment intransigeant sur la question de l’élimination. Voire psychorigide.

Tout le monde se met en cercle! Les pieds bien ancrés dans le sol et les bras le long du corps. Pan! Le jeu commence. Et puis, celles et ceux qui ne connaissent pas encore très bien les règles s’assoient. Éliminé·es également celles et ceux qui sont un peu moins rapides. S’ajoutent à ces exilé·es Marie-Antoinette, qui regardait par la fenêtre, et un Jean-Saphorin affalé. Clac. Vroum. La petite musique de la compétition.

Alors comment transformer un jeu avec éliminations en une activité sans exclusion?

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Pour ou contre les jeux d’échauffement?

Parmi les animateur·trices de théâtre, il y a deux camps d’extrémistes qui se livrent une bataille sanguinaire. Depuis des millénaires. À ma droite, celles et ceux qui conçoivent leurs cours comme une succession d’échauffements, de pirouettes techniques et d’exercices ludiques. À ma gauche, les obsédé·es du spectacle, du projet, des scènes à passer et à retravailler.

Comment les distinguer? Les jeux! Les premier·ères passent une bonne partie de leurs ateliers à faire des jeux. Les second·es ne jurent que par le travail sur le plateau.

Alors faut-il commencer son cours de théâtre par un «clap», un «vroum-clac-coucou» ou un «samouraï»?

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Soeurs et frères artistes,

Je le sais, l’endroit d’où je vous écris est un peu particulier. Enseignant de théâtre, ce n’est ni tout à fait artiste, ni tout à fait enseignant. Depuis ces limbes qui me comblent, je vous chatouille parfois. Ou je vous questionne. Mais sans vous, sans vos acrobaties et vos mots médicaments, sachez que le brouillard serait bien plus épais. Aujourd’hui, j’ai le privilège – comme beaucoup – de continuer à exercer mon «art» alors que vous êtes réduit·es au silence.

D’ordinaire déjà, j’entends vos espoirs douchés parfois froidement au sortir des écoles. L’usure d’enchainer les projets (de plus en plus courts) et les périodes de «chômage» – puisque c’est dans cette case qu’on vous range. J’entends les dossiers à écrire. La concurrence malgré la solidarité de façade. J’ai vent de l’injonction à toujours créer. À toujours créer. J’assiste impuissant aux reconversions professionnelles quand la trentaine frappe à la porte. Je ne veux pas noircir le tableau mais dire la persévérance qu’il faut pour continuer l’activité qui est la vôtre. Cette persévérance force sinon l’admiration, au moins le respect.

Et aujourd’hui…

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