Coulisses

Toutes les semaines, entrouvrir les pendrillons. Côté jardin. Faire un premier pas timide sur scène. D’abord le violent aveuglement. Puis baigner dans la lumière. Aujourd’hui, comme chaque semaine depuis 89 semaines, il y aura quelque chose à dire. Une réplique. Une invention ? Rarement. Souvent un écho à une pratique, à une parole autre. Un dialogue costumé en monologue. Tenter de trouver LA manière et la BONNE intention. Articuler ce qu’on a à articuler. Et puis noir, pendrillons, cour. Regagner les coulisses.

«Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement que vous n’avez fait qu’un mauvais somme.»

Après plus de 100 articles, ce blog arrive à la fin de son cycle de parutions hebdomadaires. D’autres apparitions plus ponctuelles sont probables, mais je regagne un temps le monde des coulisses. Il y a aussi des choses à y jouer.

Merci pour vos lectures, encouragements, discussions !

Apprendre à faire du théâtre: 7 idées

Cela vous trotte dans la tête depuis plusieurs jours, mois ou années: et si vous faisiez enfin ce premier pas sur les planches?

Se lancer, c’est toujours un peu risqué: il y a la croyance qu’on n’en est pas capable, le regard des autres et le souvenir pas très sexy de Molière. Sans parler de l’ancien traumatisme infligé par un·e prof de français alors que vous tentiez de balbutier péniblement un poème en vers. Mais après dix ans passés sur le divan, votre psy pense que vous êtes enfin prêt·e.

Faire du théâtre, c’est à la portée de toutes et tous. Parce qu’il y a de nombreuses façons de se lancer. Tour d’horizon des manières d’apprendre le théâtre.

Lire la suite « Apprendre à faire du théâtre: 7 idées »

Nathalie Tacchella: « Vous êtes en train de fabriquer une danse tous ensemble »

Vous dansez comme un fou dans le salon de vos parents. Grand bond. Vous sautillez sur une table à une fête de village. Pirouette en avant. On vous invite à tenter un tango. Vous hésitez. Mais vous le faites pour ses beaux yeux. Certain·es sont plutôt hip-hop, classique ou pogos, d’autres contemporaine ou encore disco. Saut dans le temps. Vous faites virevolter un enfant dans votre propre salon. Et après? Est-ce qu’on sera un jour usé de ça? Est-ce qu’on dansera encore la vie jusqu’à la fin?

Si certaines personnes ont le super pouvoir de faire valser n’importe qui, n’importe quand, alors Nathalie Tacchella est sans doute de celles-là. La danseuse et chorégraphe genevoise installée au théâtre du Galpon dirige la compagnie de l’Estuaire. Elle se confie ici sur sa vision de la danse, son approche critique de la médiation culturelle et son parcours en forme de grands écarts entre les notes de musique, les mouvements et l’enseignement. Avec elle, danser est à portée de pied. Il suffit d’un pas: le premier. Entretien.

Lire la suite « Nathalie Tacchella: « Vous êtes en train de fabriquer une danse tous ensemble » »

Cartable

Le théâtre propose des billets à prix réduits. Et il faudrait naturellement que élèves arrivent avec des sacs lourds de bienséance et de reconnaissance. La semaine prochaine, on étudie Shakespeare. Si vos parents possèdent un exemplaire de Hamlet, glissez-le bien entendu dans votre cartable. L’école est obligatoire. Cela dit on apprécie que les élèves emportent dans leur besace une bonne dose de motivation.

Le service public (théâtre ou école), c’est celui qui ne renvoie pas à la maison l’élève qui a « oublié » ses affaires aujourd’hui.

L’autonomie sans la coopération?

La semaine dernière, le média Heidi.news donnait le coup d’envoi à sa série dédiée à l’école réinventée. Premier épisode? Un sujet enthousiasmant consacré aux établissements scolaires du Val-de-Ruz, dans le canton de Neuchâtel. On y dresse sans idéalisme le portrait de classes flexibles: les élèves gèrent en partie leur temps et leurs espaces. On y évoque avec nuance la pédagogie de maitrise: chacun·e est capable de maitriser un sujet pour autant qu’on (se) laisse le temps d’apprendre. Le tout sous le patronage d’un directeur qui encourage mais n’impose pas.

Des étoiles dans les yeux, je me suis fait un croche-pied sur la remarque d’un enseignant féru de « maitrise inversée » (fusion de pédagogie de maitrise et de classe inversée). Celui-ci met le doigt avec honnêteté sur un obstacle rencontré: « La seule chose qui ne marche pas très bien, c’est la collaboration entre eux [les élèves]. Ils restent malgré tout très individualistes. » Alors peut-on réellement affirmer qu’une pédagogie favorise l’autonomie sans mobiliser la coopération? Tentative d’éclairage à partir de l’angle du théâtre.

Lire la suite « L’autonomie sans la coopération? »