Qu’ont en commun théâtre et tirage au sort? On raconte que ce sont tous les deux des enfants de la Grèce antique. Le premier était notamment censé aiguiser le sens politique des citoyens. Le second était pratiqué pour désigner les élus. Dans une forme de démocratie radicale – qui excluait cependant femmes et esclaves.
Ici, les années scolaires se suivent et ne se ressemblent pas. Sauf le premier cours ! En effet, si mes collègues et moi remanions (trop?) souvent le programme annuel des cours de théâtre, le premier rendez-vous de la rentrée varie peu d’une année à l’autre. Alors comment préparer sa rentrée? Passage en revue de quelques essentiels. Au menu? Se raconter, s’orienter et jouer.
Il y a les eaux tumultueuses de la politique et de l’art contemporains. Insondables? Pas avec Jacques Rancière! Un dialogue entre le philosophe et Aliocha Wald Lasowski a récemment fait l’objet d’une publication. Penser l’émancipation revient sur les préoccupations centrales de Jacques Rancière. Charlie Chaplin y côtoie les Gilets jaunes. Karl Marx cohabite avec Madame Bovary.
16 individus participent à votre atelier théâtre. Par chance, il y a une scène à 5 personnages, deux scènes à 4 personnages, une scène à 3 personnages.
Jusqu’ici tout va bien – sauf pour celles et ceux qui fuient les maths comme la peste et qui sont retourné·e·s sur facebook.
(Pour eux et pour elles: 5+4+4+3=16)
Les choses se corsent néanmoins au moment où il faut répartir ces individus dans des groupes. C’est-à-dire quand on passe du problème de mathématiques à l’équation sociale.
Cet article aurait d’ailleurs dû s’intituler « De la difficulté à dépasser une forme de rigidité psychologique que l’on peine toutefois à distinguer d’un attachement à un idéal démocratique » . Malheureusement, nous sommes au vingt-et-unième siècle. Pas au dix-huitième.
Fin de la parenthèse.
Les auteur·e·s de « L’apprentissage coopératif: théories, méthodes, activités » nomment plusieurs façons de procéder pour créer des équipes: « Il faut décider quelle sera la taille des groupes, combien de temps ils vont rester en place, comment on va les composer et comment les élèves seront répartis entre eux. »
Comment former les groupes? Deux méthodes sont généralement pratiquées. Soit on laisse les participant·e·s s’organiser. Soit on organise les groupes en faisant attention de répartir les « bons élèves » (comme on dit dans le jargon) dans tous les groupes et en diluant les « élément perturbateurs » (comme on dit dans le milieu) dans les différentes équipes. En somme l’expert, c’est soit le groupe (qui s’organise), soit la ou le prof (qui organise).
Il y a pourtant une troisième voie (ma préférée): le hasard. Et un jour j’ai failli perdre la foi.