Petit éloge de la poussière

La poussière pas la lumière. Écrire pas taper. L’ardoise pas le pixel. Debout pas assis·e. La pensée en train de se déployer. Pas préfabriquée. L’éponge pas la touche delete. Former des lettres pas frapper des flèches. La pagaille un peu. Tourner le dos. Accepter. Pas toujours faire face. Fragilisé·e pas maitriser. Et surtout la pensée un peu lente, complexe, complète, pas parcellaire, pas fractionnée, pas déchirée. L’architecture visible. L’ossature et la carcasse brute. Un power point, c’est un verre de cristal fracassé. Dispersé. L’ardoise noircie, une carte aux trésors. En 2020 aussi. Toujours. Alors oui, la nostalgie un peu. Pas la célébration à tout prix du numérique, des câbles, de l’informatique, des clouds. Le noir pas le blanc. La craie pas l’écran.

Où s’en vont ces vieux messieurs en cape noire qui désertent les classes? Il aurait fallu tracer ces mots à la main. Et puis tout effacer et regarder l’eau sécher.

Apprendre à jouer dans un décor instable

En quelques jours l’école doit se réinventer. Les enseignant·e·s se familiarisent avec des outils informatiques encore inconnus 24 heures auparavant. Les élèves sont contraint·e·s de gérer au mieux leur organisation – tâche ô combien difficile pour certain·e·s. Tout à coup les règles du jeu changent. On en oublie certaines. On en ébauche d’autres. Dans une urgence plus ou moins marquée.

Et si cette crise sanitaire mettait à l’épreuve notre capacité d’adaptation? Notre résilience?

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