Connaissez-vous le point commun entre un article de blog et un atelier de théâtre ?
Non ?
Quand on s’est engagé à le donner, faut y aller ! Impossible d’échapper à la deadline de la publication ! Inconcevable d’esquiver la sonnerie d’un début de cours ! C’est ce qui rythme la vie.
Nous ne sommes pas égaux·ales face à l’autonomie. À titre personnel, la liberté l’absence de contraintes temporelles me file des angoisses. En guise d’anxiolytiques, mon médecin m’a donc prescrit des délais réguliers.
Mais il y a un hic. Le cours d’art dramatique n’est en effet que la partie visible de l’iceberg. Quid du temps de conception ? De la dramaturgie ? Des phases de préparation ? Du volet administratif du travail de pédagogie théâtrale ? Des éventuelles corrections ?
Je me suis familiarisé au fil du temps avec trois outils d’organisation qui me permettent de survivre à ces phases ô combien périlleuses. Rien de miraculeux. Plutôt quelques béquilles pour dompter les démons de la procrastination. Tour d’horizon.
1. Zero inbox
Cette méthode découverte ici consiste à lire et traiter ses messages à des moments précis. On répond aux messages quand on les lit. Et on évite de les consulter de manière intempestive sans y répondre. Ça crée des bouchons dans le cerveau.
J’essaie personnellement de traiter mes courriels une fois par jour. Et seulement les jours durant lesquels je travaille. Quand j’y arrive je me sens léger. Et sinon… je ferai mieux demain.
2. Pomodoro
La méthode Pomodoro consiste à segmenter son temps de travail en tâches de 25 minutes couplées à des pauses de 5 minutes ou plus. Elle tire son nom du minuteur en forme de tomate (pomodoro en italien) qui orne certaines cuisines.
Le marathon de la journée de préparation des ateliers de théâtre se transforme ainsi en une suite de courtes étapes. Et ce qui paraissait monstrueux devient faisable.
3. L’agenda et la to-do list
Tout ce qui ne s’imprime pas s’oublie. J’essaie de noter tous mes cours, toutes mes séances et toutes les tâches à effectuer sur un seul support.
C’est pourquoi je suis tombé follement amoureux des agendas Moleskine avec calendrier hebdomadaire sur la page de gauche et page lignée sur la page de droite. À bâbord, les rendez-vous. À tribord, les actions. Mais cette idylle sulfureuse a déjà fait l’objet d’un numéro de Paris Match il y a quelques années. Je ne m’étendrai donc pas sur le sujet.
Il parait que dans certaines contrées lointaines des personnes en situation de créativité absolue réaliseraient leur propre carnet de A à Z. On les appellerait des bullet journal. Dans d’autres terres primitives reculées on compilerait le tout dans des machines intelligentes faites de câbles et de pixels.
Qu’importe le flacon pourvu qu’il y ait l’organisation !
Pour conclure
Côté conseils psys faciles et pour éviter de devenir un·e dictateur·trice de théâtre, on mentionnera également l’importance de couper avec le travail. Les êtres humains rivalisent pour ce faire d’ingéniosité : noyade immersion dans les méandres de la parentalité, adoption d’animaux en tout genre, inscription à des leçons de goat yoga, participation à des rassemblements antimanifestations, clubs d’aviron sur gazon, etc.
Bref. L’idée n’est pas d’ajouter de la pression à la pression. De la bureaucratie à la bureaucratie. Mais même si elles sont imparfaites et ponctuelles, quelques bonnes pratiques d’organisation peuvent contribuer à une hygiène de travail décente. Ce dont on ne parle peut-être pas assez.
Un formateur qui m’a marqué affirmait que l’important était d’arriver en cours avec une bonne préparation et de savoir improviser. L’essentiel reste ce qui nous anime : ce temps partagé de l’animation théâtrale. Un temps préparé ET improvisé.
- Pour aller plus loin: Le blog « Créatif Productif: trucs de productivité pour artistes à la bourre » https://www.creatifproductif.com/
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