L’arpentage

SÉRIE AUTOUR DE LA CLASSE COOPÉRATIVE

C’est l’histoire d’une spectaculaire lecture collective. L’arpentage est une pratique qui consiste à répartir physiquement les pages d’un livre entre plusieurs personnes. Et à l’image des acteur·rices d’une pièce de théâtre, chaque lecteur·rice a son indispensable rôle à jouer: résumer son extrait, extraire ses interrogations, interroger son ressenti. Une seule comédienne vous manque, et tout le spectacle est dépeuplé. Un seul lecteur manque et c’est tout le récit qui est démembré.

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Bernard Grosjean (1/3) : «On ne peut pas ne pas faire de pédagogie !»

Il a le secret des châteaux de sable : la minutie et l’amusement ! Avec lui, chaque atelier de théâtre est une épopée chevaleresque éphémère. Il y a la grande aventure d’une histoire. La quête d’une partition de jeu. L’épreuve finale des représentations. Il connait les secrets des châteaux de sable mais ne les garde pas jalousement. Plusieurs grimoires rédigés à deux ou quatre mains jalonnent en effet son parcours: «Dramaturgies de l’atelier-théâtre», «Coup de théâtre en classe entière au collège et au lycée» ou encore «Du théâtre interactif pour déjouer le réel».

Quel honneur de s’entretenir avec une sommité de la pédagogie théâtrale ! L’animateur et théoricien Bernard Grosjean évoque dans cette première partie d’échange quelques essentiels de l’animation d’un atelier-théâtre : l’exigence de renouveau, les liens entre cadre et liberté, les étapes d’un projet pédagogique et artistique, la puissance du dispositif de jeu. Alors moteur, action !

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Alors supprimons l’art à l’école!

S’inspirant sans doute des éclairs de génie d’un président voisin, le PLR (parti libéral radical) suisse a récemment défendu une thèse ultra novatrice : recentrer l’école autour du triptyque «lire, écrire, compter». « L’école obligatoire doit aujourd’hui prendre en charge toutes sortes de thématiques sociétales et n’a trop souvent plus le temps d’assurer sa mission principale à savoir de transmettre et d’enseigner les compétences de base.« 

C’est bien connu : le français et les mathématiques sont actuellement régulièrement supprimés des horaires hebdomadaires, éclipsés par des ateliers de bodypainting et de méditation transcendantale. C’est bien connu : quoi de mieux pour la santé physique et psychique des élèves que de rester une journée assis·es face au tableau (si possible numérique) ? Et c’est bien connu : l’éducation publique court à sa perte en tentant de développer chez chacun·e des élèves des connaissances multidisciplinaires et complexes liées au monde dans lequel nous vivons. Non. L’important, c’est lire, écrire, compter.

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L’objection contre la préférence

Jaune? Ou orange? Il n’est pas rare que le choix d’une couleur de projecteur déclenche une mutinerie au sein d’une troupe de théâtre. Fût-elle professionnelle…

14 ou 16 minutes de préparation pour les élèves? Combien d’enseignant·es de branches artistiques se sont déjà entretué·es sur cette question?

Hamlet avec un manteau en cuir? Ou une veste en daim? Les élèves de théâtre forment tous les jours d’irréconciliables clans ennemis autour de ce problème esthétique majeur. Irréconciliable, l’humanité se déchire.

C’est ce qui arrive quand la préférence l’emporte sur l’objection.

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La part maudite

Une représentation scolaire décommandée. Et un tsunami déferle sur les rives d’habitude si paisibles de la cité helvétique de Neuchâtel. La presse de la région a récemment mis en lumière la décision d’une école de ne pas assister à un spectacle au dernier moment. Ce spectacle comportait des scènes pouvant heurter certaines sensibilités: mains coupées, relation non consentie, etc.

Quand la polémique d’une annulation éclipse le débat que peut susciter un spectacle, tout le monde est perdant: élèves, école, artistes, théâtre. Comme le font les personnes impliquées dans cette affaire, il faut le rappeler tout de suite: la plupart du temps tout se passe bien. L’enjeu n’est pas ici de rentrer dans les détails de cette actualité singulière.

Tentons néanmoins de prendre un peu de hauteur et de cerner en quoi cette histoire neuchâteloise est symptomatique des tensions qui travaillent parfois les relations entre écoles et théâtres. Et faisons l’hypothèse que ces liens sont hantés par la part maudite.

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