Dans nos classes, ça récite, ça regarde, ça gesticule, ça écoute, ça se déguise, ça bavarde, ça rêve. Mais ça gribouille aussi, ça chante, ça tisse, ça écrit, ça colle. Abracadabra ! Ça tâtonne. On essaie de déguiser la salle en atelier d’artiste. On y parvient à moitié. Ça bricole. Notre matière ce sont leurs joies avec leurs doutes.
Dans le cours magistral, les sentiments d’ennui, d’indignité et d’incompétence avancent masqués. Là, ils nous sautent à la tête. Ça vacille. On préfère mille fois ça à l’illusion de la maitrise.
Parce que nous sommes de celles et ceux qui n’arrivent pas tout à fait à faire rentrer l’école dans un calcul de moyennes ou un tableau excel. Nous sommes de celles et ceux qui regardent de loin les investissements dans l’école numérique côtoyer les mesures d’austérité. Nous sommes de celles et ceux qui troquent parfois l’ultra-individualisation des apprentissages et l’obsession des compétences pour la construction collective d’un poème.
Qu’on se rassure toutefois : chez tous les profs et dans toutes les classes, la part bancale s’émerveille de la danse des astres. Baragouine des mots étrangers. Joue avec des équations. Impossible à étouffer.
