Quand apprendre dépend des autres

Quelle est la caractéristique majeure de la coopération? L’interdépendance positive, cette façon d’être lié·e aux autres tout en ayant une responsabilité propre. Comment la mettre en oeuvre? À travers diverses habitudes de travail collectif: projets coopératifs (une pièce de théâtre?), instauration d’un esprit de classe (vive la troupe!), évaluation prenant en compte la coopération. Et d’ailleurs, comment former les groupes? Il y a plusieurs manières: l’amitié, les intérêts, la ressemblance, la complémentarité, le hasard. À quoi ça sert, tout ça? À développer des habiletés sociales en mêmes temps que des habiletés cognitives.

L’apprentissage coopératif est un ouvrage collectif qui permet de répondre à de nombreuses questions que l’on peut se poser au sujet des pédagogies coopératives. Structuré en trois sections, l’ouvrage aborde à la fois des éléments conceptuels et donne quelques pistes pratiques. On y découvre les fondements théoriques de ce type de pédagogie, leurs applications possibles et un éventail de méthodes spécifiques.

« Il y a interdépendance positive quand le succès d’une ou d’un élève augmente les chances de succès des autres. » Ce livre est un excellent compagnon pour initier un cheminement sur la voie de cette exigence. Ou se rappeler quelques fondamentaux. Un voyage en tout cas pas solitaire!


Philip C. Abrami, Bette Chambers, Catherine Poulsen, Christina De Simone, Sylvia D’Apollonia et James Howden, L’apprentissage coopératif: théories, méthodes, activités. Chenelière, 1996

Présences

Elle a dit: «Ce cours n’est pas rattrapable!» Pas de power point transmis par email, pas de questionnaire en ligne, pas de vidéoconférence à siroter sous la couette. Si on est absent·e, on est absent·e. Point.

De toute manière, qu’est-ce qui est «rattrapable»? Rattraper les corps en chair et en os? Rattraper les interactions dans toute leur complexité et leur finesse – qu’un écran mutile forcément? Rattraper un espace, une classe? Rattraper le temps? Au fond personne n’y croit vraiment…

Elle a dit « ce cours n’est pas rattrapable » et nos rêveries numériques ont soudain pris peur du monstre tapi sous leur lit.


Image: William Sellers & co., Illustrated catalogue and general description of improved machine tools for working metal (*)

Jeux d’échauffement: comment ne pas éliminer?

La semaine dernière, j’avouais une passion retrouvée pour les petits jeux d’échauffement. Mais qu’on se rassure! Cette libération de pulsions refoulées s’inscrit dans un cadre: je suis quasiment intransigeant sur la question de l’élimination. Voire psychorigide.

Tout le monde se met en cercle! Les pieds bien ancrés dans le sol et les bras le long du corps. Pan! Le jeu commence. Et puis, celles et ceux qui ne connaissent pas encore très bien les règles s’assoient. Éliminé·es également celles et ceux qui sont un peu moins rapides. S’ajoutent à ces exilé·es Marie-Antoinette, qui regardait par la fenêtre, et un Jean-Saphorin affalé. Clac. Vroum. La petite musique de la compétition.

Alors comment transformer un jeu avec éliminations en une activité sans exclusion?

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Pour ou contre les jeux d’échauffement?

Parmi les animateur·trices de théâtre, il y a deux camps d’extrémistes qui se livrent une bataille sanguinaire. Depuis des millénaires. À ma droite, celles et ceux qui conçoivent leurs cours comme une succession d’échauffements, de pirouettes techniques et d’exercices ludiques. À ma gauche, les obsédé·es du spectacle, du projet, des scènes à passer et à retravailler.

Comment les distinguer? Les jeux! Les premier·ères passent une bonne partie de leurs ateliers à faire des jeux. Les second·es ne jurent que par le travail sur le plateau.

Alors faut-il commencer son cours de théâtre par un «clap», un «vroum-clac-coucou» ou un «samouraï»?

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