« Enseigner et apprendre le théâtre ». Réflexions personnelles

Cet été j’ai découvert certains écrits du psychologue humaniste Carl Rogers. Notamment un chapitre de « Liberté pour apprendre » intitulé « Enseigner et apprendre. Réflexions personnelles. » Le chercheur y énumère ses convictions sur l’enseignement et l’apprentissage et invite la lectrice ou le lecteur à « consigner par écrit pour lui-même certaines de ses croyances les plus profondes, même si elles manquent de certitude, sur le processus éducatif » . L’invitation m’a semblé trop belle pour être refusée. Le résultat est à découvrir ici.

Quelques précisions avant de démarrer ces variations autour de la pédagogie du théâtre. Qualifier ces réflexions de « personnelles » me semble premièrement un petit peu exagéré. Parce qu’elles ont notamment émergé dans la rencontre et la discussion avec d’autres.

Dire ensuite que je n’ai pas le sentiment que ces pensées sont particulièrement originales. Car sous leurs apparences de grands principes elles se matérialisent certainement dans de très petites choses. Quotidiennes et banales. C’est mises bout à bout que ces propositions me semblent peut-être avoir de l’intérêt.

Par ailleurs je n’aurais certainement pas écrit exactement ceci il y a deux ans et je n’écrirai probablement pas exactement cela dans deux ans. Ce sont donc des conclusions provisoires.

Enfin, heureux hasard de calendrier, l’écriture de cet article correspond à peu près au premier anniversaire de ce blog dédié à la pédagogie et la médiation théâtrales. C’est pourquoi je me permettrai d’indiquer si un article écrit lors de cette année fait écho à telle ou telle proposition. L’occasion pour moi (et pour vous?) de faire le point sur des réflexions récurrentes. Pour ne pas dire des obsessions.

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Pourquoi le théâtre à l’école? (I)

PAR JEAN PRÉTÔT (ENSEIGNANT) • Pour tomber les masques, renverser le gel et postillonner, projeter tout ce qu’on a dû taire, sur ceux qu’on n’a pas pu voir, réunir les absents, propager du réel, avec ses frissons et ses larmes, avec ses complexes et ses joies, inonder la salle du vivant, la faire grandir jusqu’à la soulever et voir des mains claquer, ouvrir les fenêtres sur un dehors où les accolades sont devenues parenthèses et les yeux des bouches. Pour retrouver aussi l’humain, reconstruire des scènes sous ses pieds et voir remuer ses lèvres, agiter des corps et pointer l’horizon, bâtir de nouveaux décors, peindre la vie, se rouler dedans puis se jeter, sans crainte, dans la foule. Pour, enfin, entendre à nouveau le cri primal et impertinent de la jeunesse, son besoin de respirer et, après avoir eu si peur, hurler avec elle.


1 an de blog (et toutes mes dents)

J’ai créé ce blog il y a un an. Je commençais une formation pédagogique et m’étais promis de coucher sur le papier une réflexion par semaine en lien avec le théâtre et la pédagogie. Pendant un an.

Une façon de digérer la matière.

Plusieurs fois auparavant, je m’étais essayé au format « blog ». Mais je n’avais jamais tenu sur la durée comme je l’aurais souhaité. Donc la bonne nouvelle, c’est que les gens peuvent changer!

Vous imaginez donc: je rayonne de fierté et de sérénité. Au point que le Dalaï-lama m’a contacté en personne pour me proposer d’être sa prochaine réincarnation. Je vais y réfléchir encore mais je crois que j’ai un peu la flemme.

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Les vacances de prof de théâtre

Les vacances de prof de théâtre, c’est les gens qui disent : «Ah mais oui, c’est que toi t’es en vacances.»

C’est la période où on se demande pourquoi tel projet prometteur n’a pas très bien fonctionné l’année passée et pourquoi celui-là, qui était bof sur le papier, restera définitivement gravé dans les mémoires. C’est le moment où on se rend compte qu’on aurait dû agir différemment avec cet élève et communiquer autrement avec cette personne. On se remémore les regards qui fusillent et les corps affalés. C’est le moment des regrets et des larmes. Des sanglots longs des violons.

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Prof ou élève, qui tient le volant?

On a le réflexe – moi y compris – de penser que sur les routes sinueuses de l’apprentissage c’est l’enseignant·e qui conduit le véhicule et les élèves qui s’agitent à l’arrière en mâchant des chewing-gums et en écoutant de la trap à fond. Et puis on lit Carl Rogers qui sous-entend qu’en fait prof, c’est pas conducteur·trice. C’est garagiste.

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