La part maudite

Une représentation scolaire décommandée. Et un tsunami déferle sur les rives d’habitude si paisibles de la cité helvétique de Neuchâtel. La presse de la région a récemment mis en lumière la décision d’une école de ne pas assister à un spectacle au dernier moment. Ce spectacle comportait des scènes pouvant heurter certaines sensibilités: mains coupées, relation non consentie, etc.

Quand la polémique d’une annulation éclipse le débat que peut susciter un spectacle, tout le monde est perdant: élèves, école, artistes, théâtre. Comme le font les personnes impliquées dans cette affaire, il faut le rappeler tout de suite: la plupart du temps tout se passe bien. L’enjeu n’est pas ici de rentrer dans les détails de cette actualité singulière.

Tentons néanmoins de prendre un peu de hauteur et de cerner en quoi cette histoire neuchâteloise est symptomatique des tensions qui travaillent parfois les relations entre écoles et théâtres. Et faisons l’hypothèse que ces liens sont hantés par la part maudite.

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Lorsque l’on disparait

Depuis le coin, tu regardes les groupes s’affairer autour d’une scène à jouer. Ici on s’aventure dans le texte. Là on esquisse quelques déplacements. Ailleurs on essaie un chapeau, une robe à paillettes, un veston.

Il y a des moments où le théâtre fonctionne sans toi. Où la troupe fonctionne sans toi. C’est étrange: de se sentir vraiment à sa place lorsque l’on disparait.

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L’impossible silence?

Avec mes frères et soeur, nous avions baptisé ce lieu «les crocodiles». Il faut descendre des escaliers de ces bains thermaux pour atterrir dans une sorte de grotte baignée de lumière rouge. Des corps flottent allongés dans de l’eau salée – d’où l’élégante métaphore des alligators. Et sous l’eau, une délicate mélodie.

Lors du parcours en colimaçon qui mène à ce temple de la détente aquatique, de multiples affiches indiquent une seule voie à suivre : le silence. Impossible de rater l’info. (En plus c’est écrit en allemand donc ça confère une certaine aura aux consignes). Et pourtant…

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Au commencement était le consentement

Mon psy ne m’a jamais imposé une séance obligatoire. Je ne sais d’ailleurs plus si c’est durant cette thérapie que j’ai pris conscience que mon amoureuse ne me forçait jamais à aller boire un thé vert avec elle. Breuvage fumant que les serveur·euses aimables que je côtoie au milieu des plantes vertes de mon café préféré me laissent libre de boire.

Thérapeutiques, relationnelles ou gustatives, les joies de l’existence ne se fabriquent-elles pas à grands coups de consentements?

« Oui mais diantre! Quel rapport avec le cours de théâtre? », s’agaceront les plus méfiant·es d’entre vous.

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